Friday, 15 March 2013

Réponse à Mono Ndjana : une vision tronquée de la société camerounaise


Dans sa dernière interview, le Pr Hubert Mono Ndjana dans son analyse du phénomène des détournements de fonds publics au Cameroun et de la propension compulsive de certaines personnes à accumuler argent et biens matériels, nous a d’emblée sorti le joker : «D'après ma théorie de l'écart et de la norme (ndlr NPress : paragraphe :II- Détourneurs de fonds, potentiels dirigeants), notre société se caractérise par le fait d'avoir écarté la norme et d'avoir normalisé l'écart. Il s'agit bien d'un fait, et non d'une idée imaginaire. C'est pour avoir normalisé l'écart que les comportements d'écart n'étonnent plus personne. C'est de s'arrêter de détourner les fonds qui serait, au contraire, étonnant. » Ah! Après un moment d’hésitation dû au choc émotionnel que ne peut évidemment que provoquer l’évidence d’une telle épiphanie chez un biyayiste de la première heure et continu fervent défenseur du renouveau, on a hâte de continuer la dégustation. Tel un boxeur déchainé notre éminent professeur de philosophie qui rêve déjà du sénat enchaine : matérialisme vulgaire, mentalité digestive, politique du ventre, « notre cerveau, c'est le tube digestif »… Et voilà qu’il fait appel à la chrématistique d’Aristote qu’il décrète de facto comme un indice fort du sous-développement de l'ensemble. Le populisme est à son comble quand soudain vient l’uppercut : « Les Japonais sont riches et sérieux, les Camerounais, pauvres, improductifs et vaniteux. » Le dérapage est évident; le philosophe s’étant bizarrement lancé dans la généralisation et surtout dans la sphère économique- sans pour autant avoir pris la peine de discuter ses raccourcis avec ses collègues économistes- pour justifier sa diatribe.

La vérité elle est toute ailleurs ; car la différence de productivité entre les pays dits riches et les pays pauvres est en grande partie due au système de gouvernance, plutôt qu’aux individus eux-mêmes. Ce n'est pas seulement, ni même principalement, parce qu'ils sont plus intelligents et plus instruits ou encore sérieux que certaines personnes dans les pays riches sont des centaines de fois plus productives que leurs homologues dans les pays pauvres. Ils y parviennent parce qu'ils vivent dans des économies qui ont de meilleures technologies, des entreprises mieux organisées, de meilleures institutions et une meilleure infrastructure physique – toutes ces choses sont en grande partie résultantes des mesures collectives prises au fil des générations. Warren Buffet, le célèbre financier, avait expliqué ceci avec qualité, lors d’une interview télévisée en 1995: «Personnellement, je pense que la société est responsable d'un pourcentage très significatif de ce que j'ai gagné. Si vous me coller au milieu de Bangladesh ou au Pérou ou ailleurs, vous découvrirez à quel point ce talent va produire dans le mauvais type de sol. Je vais avoir du mal trente ans plus tard. Je travaille dans un système de marché qui récompense ce que je fais très bien - disproportionnellement bien».

Jeter l'opprobre sur un peuple qui à démontrer par le passé son dynamisme et son ingéniosité, et surtout en exonérant par manque de courage la figure de proue qui a et continue de présider à son déclin est une faute morale qui ne manquera pas d’être sanctionner par l’histoire qui dévoilera aux générations futures le silence complice et démagogue des têtes bien pensantes qui les ont précédé. La jeunesse camerounaise bien qu’abandonnée à elle-même -par la caste qui s’est accaparée de son avenir, en focalisant son action essentiellement sur les loisirs et la jouissance issue de bien collectifs- ne peut aujourd'hui que se réjouir que d’avoir passé « 30 ans sans mourir! » Du Buyam Sellam au Call Box en passant par le Bendskin, elle continue de se réinventer. Les bendskineurs sont sortis en grand nombre, au grand dam de certains, pour célébrer la reconnaissance de la nation par la voix d’un chef qui n’a aidé à leur éclosion que par son incapacité à créer des conditions propices à un véritable renouveau de l’économie camerounaise.

La majorité des gens qui vivent dans les pays aussi pauvres que le Cameroun se doivent de développer des qualités entrepreneuriales tout juste pour garantir leur survie. Dans nos rues, vous rencontrerez des hommes, des femmes et des  enfants de tous âges qui vendent tout ce que vous pouvez imaginer, et même des choses que vous ne saviez pas que vous pouviez acheter… Le problème ce n'est  donc pas l'absence de dynamisme entrepreneurial au niveau personnel, mais l'absence de technologies de production et des organisations sociales développées. L’absence de succès apparent de la micro finance qui pourtant rend disponibles de très petits prêts dans le but d’aider les moins nantis à se lancer dans la création d'entreprises témoigne des limites du mythe l'entrepreneuriat individuel.

Malgré un système éducatif archaïque, la jeunesse camerounaise continue aussi et heureusement à produire de la matière grise qui malheureusement profite très souvent à d’autres pays.

Il est triste de constater que beaucoup d’intellectuels camerounais ont choisit de passer toute une vie coincé dans le silence, alors que leurs paroles pourraient changer le cours de l’histoire. La vérité qui dérange c'est que notre élite dont Hubert Mono Ndjana fait partie n'a rien fait d’autre que de soutenir la dictature de Paul Biya au cours des 30 dernières années, parfois en collaborant avec le tyran, ou en lançant des attaques virulentes contre les opposants au régime avec leurs critiques féroces qui ont contribué à consolider pouvoir du « Nnom Ngui ».  Il règne et profite des avantages qui vont avec, mais le Pr Hubert Mono Ndjana ne trouve rien à redire sur le désastreux bilan de ses trente années à la tête de l’Etat.  Son enrichissement et celui de sa famille, son train de vie qui n'a de semblable que celui des monarques du golf... Tout ceci est omniprésent dans les conversations des pauvres camerounais qui travaillent dur sans y arriver alors qu'ils voient combien c'est facile pour ceux qui sont au premier banc.

Le professeur nous rappellera ensuite que le Cameroun est un pays scandaleusement riche, mais que certains se sont organisés pour se partager, entre eux seulement, les richesses du sol et du sous-sol, en excluant ceux qui n'appartiennent pas à leurs réseaux néocoloniaux. « La ligne d'exclusion, sur le terrain social, est d'une précision chirurgicale.» Une fois de plus le lecteur ne peut que s’interloquer… Hubert Mono Ndjana aurait-il tout d’un coup décidé de s’attaquer à l’héritier des colons qui n’est autre que Paul Biya? En insistant sur la précision de la qualité de l’exclusion, serait-il plutôt allé à la rencontre de Charles Atéba Yéné qui comme lui se plaignait déjà du paradoxe du pays organisateur dont les supporteurs selon lui -bien que zélés et fidèles- continueraient d’être à la traine?

Le diagnostic étant posé, le docteur nous prescrit comme traitement d’appliquer constamment bien la loi - «C'est la boussole qui guide la marche des Etats» - juste pour s’attaquer à la loi par la suite dans sa critique du Tribunal Criminel Spécial ; en insistant sur le caractère punitif de la loi, tout en ignorant le principe de réparation et de réhabilitation.

Et pour terminer, avant de nous de nous déclarer ses biens, un dernière charge ; «Incontestablement. Nous sommes des pécheurs en eaux troubles. Nous sommes des sorciers, allergiques à la lumière et adaptes d'obscurantisme  Sans véritable surprise, là encore il ne dira rien sur le multirécidiviste qui fait passer les lois, les viole et les change à volonté pour satisfaire sa vanité et son gout du pouvoir ; car il faut bien sûr le caresser dans le sens du poil pour espérer  un jour être appelé à des hautes fonctions.

Friedrich Nietzsche disait que: "Dans tout milieu où il est impossible à l'air vif de la critique publique de circuler, comme un champignon, une corruption innocente grandit". Il est donc aisé de comprendre pourquoi dans un pays comme le Cameroun qui a été gouverné sans ouverture par le même groupe de personnes depuis plus de 50 ans, la corruption comme une gangrène, se propage et devient partie intégrante et de la société. Une analyse critique et publique de l'action de notre gouvernement s’impose et suppose un débat sans complaisance sur rôle de celui-ci, pour pouvoir lutter efficacement contre le cancer que la corruption est devenue pour notre pays.

Un gouvernement ne peut pas être un fait accompli!  La souveraineté du gouvernement camerounais et donc sa légitimité ne peuvent venir que du peuple qu'il gouverne, sous la forme d'un contrat social qui permet au citoyen d'avoir un mot à dire sur son devenir. Nous avons évidemment un besoin criard de leadership dans notre combat existentiel contre la corruption, et un gouvernement illégitime qui n'a pas le soutien de la population ne peut fournir un tel leadership.




 Lucien Dissake


Sunday, 22 July 2012

Au nom de la liberté, de la république et de l’unité nationale!

L’univers a beau être infini, mais la terre est une sphère.

Une harmonie immuable suppose donc que ta liberté et tes droits m’imposent des restriction et des devoirs.

Qu’adviendra t-il de moi si ta liberté est absolue ?

Aujourd’hui tu es libre de grandir, de t’élargir et de profiter de toutes ces choses dont je prenais plaisir.

Ne t’ai-je d’ailleurs pas tout donné ?

Il se dit que tu te plains continuellement d’être le mal aimé de la république.

Ils t’ont souvent pourchassé, mais à mes côtés tu as toujours dans un climat fraternel cultivé, semé et récolté.

Comme à mes enfants, je t’ai légué bien plus que du gibier.

Malgré ma galanterie renommée et même redoutée; de mes reins je n’ai pu produire qu’une
semence limitée comparée aux fruits issus de la fécondité de tes reines.

Je dois avouer que je n’avais jamais regardé au-delà des terres de mes ancêtres, qui semblaient alors si vastes que ces derniers ont eu recours aux tiens pour les aider à les cultiver.

Je ne me suis jamais inquiété, car je n’ai jamais imaginé un avenir sans toi, et encore moins un village sans nos enfants partageant la même cour.

Aujourd’hui pourtant au nom de la liberté tu ne cesses de t’agrandir et de tout réclamer.

Tu oublies que la terre est une sphère mon frère !

Qu’adviendra t-il de moi si tu as besoin de toute la terre ?

A toi le droit de discuter tout ce qui est ! Et moi alors ?

Il se murmure aussi que ma progéniture a abandonné la pirogue pour l’avion, et qu’elle a délaissé le peu qui m’avait été laissé par le colon pour les salons de velours de celui-ci, avec ses belles rues et même ses jolies filles.

Est-ce une raison pour m’oublier ?

L’unité nationale suppose telle l’unicité de la nation ?

Si la diversité est une qualité et un atout indispensable pour tendre vers cette prospérité tant recherchée, ne devons nous pas faire des efforts pour la préserver en renforçant les principes de justice et d’équité qui de facto concourent au respect et à la protection des minorités de notre société ?

Désolé d’avoir osé, car j’avais oublié qu’à cause de cette citoyenneté qui t’a été conférée par la république, Je ne peux questionner ta liberté !

Lucien Dissake

Sunday, 25 September 2011

Le moment est venu de soutenir l’opposition camerounaise


2011 est enfin arrivée !




Ben Ali, Moubarak et Kadhafi ont finalement été déboutés par leurs populations qui ont pu tester le gout de se débarrasser d’un dictateur épris du pouvoir. Au Cameroun, on a l’impression que bien que longuement anticipée, cette année arrive plus tôt que prévue. 2011 était supposée marquer le commencement d’une nouvelle ère avec laquelle le renouveau ne devait être plus qu’un chapitre de notre histoire et de notre passé douloureux sur la marche vers une véritable autodétermination. Pendant longtemps dans tous les milieux politiques camerounais- dès 2004 qui était supposée marquer le dernier septennat de Paul Biya - tout le monde semblait s’y préparer, et personne plus qu’Atangana Mebara qu’on disait devenu inséparable avec une autobiographie de Bill Clinton qui s'apparentait de plus en plus à une bible pour le prétendant. Tout ceci était bien sûr sans compter avec le grand manitou de Mvomeka qui n’avait pas encore dit son dernier mot. Depuis lors, il a procédé à une modification de la constitution que beaucoup de juristes camerounais jugent illégale ; et après trente années passées au pouvoir, comme une épiphanie, voilà que le vieux grand-père de 78 ans illuminé décide de se représenter à la magistrature suprême car affirme t-il : il est temps pour lui de passer à la réalisation des grandes ambitions de son dernier septennat !

Le peuple bien sûr crie au voleur face à cette confiscation du pouvoir qu’il voit se perpétuer, malgré les efforts importants que celui-ci continue de consentir pour qu’une transition pacifique voie le jour au pays des lions indomptables. Le peuple s’impatiente et c’est la raison pour la quelle des nombreux jeunes camerounais – qui représentent la majorité de la population – sont descendus dans la rue en février 2008 pour demander à Paul Biya de stopper son projet d’amendement de la constitution camerounaise dont le seul objectif était de satisfaire sa soif du pouvoir. Avec l’arrogance qui caractérise celui qui s’imagine eternel président de la république du Cameroun et qui se croit au dessus des lois puisqu’il les défait et fait à volonté ; Paul Biya a traité d’apprentis sorciers ces braves camerounais qui ont sacrifiés ce qu’ils avaient de plus précieux pour dire non à son projet diabolique qui endommage la paix et la stabilité de notre pays. La vérité est évidemment ailleurs car la paix camerounaise n’est point la résultante des matraques et autres moyens d’intimidations des services de sécurité et de défense qui n’excellent que dans la défense du pouvoir Biya et dans la sécurité du Prédisent de la république ; mais du fort désir de la nation camerounaise de continuer sa course vers le bonheur dans son entière diversité avec une fraternité et une solidarité affirmée. Les camerounais aiment vivre ensemble, dans la paix et l’harmonie. Notre patriotisme est fort, vibrant et bien plus ancien que le renouveau de Paul Biya qui se devait de réaliser tout ce pourquoi beaucoup de camerounais se sont sacrifiés bien avant que naquît le jeune Paul Barthélemy Biya'a bi Mvondo le 13 février 1933 et bien au-delà.


La gouvernance de Paul Biya est un échec sur tous les plans comme le démontre brillamment Fanny Pigeaud dans « Au Cameroun de Paul Biya », et nous n’avons d’ailleurs pas besoin de lire pour savoir combien catastrophique notre existence continue d’être  au Cameroun de Paul Biya, car il s’agit bien du Cameroun de Lucien Dissake et de chaque camerounais où qu’il soit !  

Le Cameroun étant une propriété collective, il est de notre devoir de nous activer pour une refondation de notre nation dans un monde qui change chaque jour devant nos yeux et à une vitesse exponentielle.  Nous devons cesser de réagir à la dictature qui nous est imposée depuis des lustres, car chaque réaction est un acte de faiblesse.  Le moment est venu pour nous d’agir ; de réfléchir sur le comment notre action pourra être salutaire, car il s’agit bien de la sauvegarde de notre chère patrie et de la place du Cameroun dans l’Afrique de demain qui se prépare activement –malgré quelques conflits qui subsistent- pour le rendez-vous des mondes rassemblés.


Je pense très humblement, et ce malgré le respect que j’ai pour tous les activistes camerounais opposés à cette élection et dont je salue et loue le patriotisme, que le boycott n’est pas une stratégie !  Les vingt dernières années nous ont démontré que la politique de la chaise vide n’a contribué qu’a solidifier le contrôle de du régime Biya sur toutes les branches (exécutives, législatives et judicaires) de notre Etat, et nous avons en face un individu et un régime qui sont obsédés par leur survie et ne paient aucune attention aux principes quels qu’ils soient, surtout si ces derniers vont à l’encontre de la continuité du système qui profite de la richesse de notre pays. Ce régime doit être confronté, c’est pourquoi nous nous devons de soutenir l’opposition camerounaise et encourager les compatriotes où qu’ils soient à aller voter le 09 octobre prochain. Les irrégularités décriées ne doivent en aucun moment nous décourager, car là est le piège du tyran qui se plait à tricher conscient de ce que nous allons protester et claquer la porte des élections, pendant que lui, il continuera à gouverner comme il le fait depuis trente sans l’approbation du peuple camerounais.  Le boycott étant une réaction à la tricherie du dictateur, il est un aveu de faiblesse.  Le Cameroun aujourd’hui a besoin d’actions nourries et ingénieuses pour galvaniser la population camerounaise qui bien que détentrice du pouvoir est plongée dans une léthargie pleine de fatalisme, et inconsciente de sa capacité de choisir sa destinée. Nous nous devons donc d’informer les masses, et pour cela nous devons soutenir l’opposition camerounaise.


Je dois avouer que j’ai trouvé incongru les récentes virulentes attaques à l’endroit de l’opposition camerounaise à deux semaines de l’élection présidentielle, venant surtout de personnes qui se disent soucieuses de voir naître un nouveau régime à Etoudi.  Quand on sait les difficultés que rencontrent ceux que qui osent s’opposer à un régime tyrannique avec des moyens presqu’inexistants dans un contexte sociopolitique qui n’a jamais été aussi défavorable, alors si désireux nous sommes d’envoyer à la retraite nos grands parents qui ont directement hérités le pouvoir des colons et qui pourtant continuent à diriger notre pays comme s’ils étaient aussi des étrangers qui vont un jour rentrer chez eux, le moment est venu de soutenir l’opposition camerounaise.

Oui notre opposition est pleine de manquements!  Le simple fait que je n’en sois pas à encourager à voter pour un ou une candidate à quelques jours du vote témoigne de ce que notre opposition  à encore du boulot à faire…  Je refuse pourtant de taper sur  elle car c’est la détentrice de l’espoir pour tous ces camerounais qui n’en peuvent plus du renouveau de Biya et ils sont nombreux .

La jeunesse camerounaise qui s’est passionnée par la crise ivoirienne et qui regarde avec attention les révolutions arabes a soif d’engagement.   Le régime Biya qui est entrain de vivre ses derniers jours est un château de cartes que nous nous devons de bousculer, et il s’effondrera comme ceux de Moubarak et Ben Ali.

Nous pouvons déjà nous réjouir de ce  qu’après tant d’années, nous pouvons finalement apercevoir ce fameux bout du tunnel, car nous assistons à la fin du régime centré autour d’un homme de 78 ans et qui a terrorisé nos pères et beaucoup d’entre nous. Mes amis : Biya c’est bientôt fini !

Tuesday, 6 July 2010

Que représente, pour l'esclave, le 4 juillet ?



Que représente, pour l'esclave, le 4 juillet ?
Discours de Frederick Douglass, 1852

Mes chers concitoyens, pardonnez-moi, permettez-moi de demander, pourquoi suis-je appelé à prendre la parole ici aujourd'hui? Qu’ai-je, ou ceux que je représente, ont à faire avec votre indépendance nationale ? Les grands principes de liberté politique et de justice naturelle, incarnée dans cette Déclaration d'Indépendance, sont-ils étendus à nous ?
Suis-je donc appelé, à amener notre humble offrande à l'autel na-tional, et à avouer les avantages et la fervente gratitude exprimée pour les bénédictions qui résultent de votre indépendance à nous ?
Devant Dieu, pour votre bien et le nôtre, une réponse positive devrait être véridiquement retournée à ces questions! Alors ma tache serait allégée, et mon fardeau facile et appréciable. Qui est-ce, celui-là qui a si froid qu'une sympathie de la nation ne pourrait pas le réchauffer ? Qui est si obstiné et insensible aux réclamations de gratitude à tel point qu’il ne reconnaîtrait pas de tels avantages inestimables ? Qui est si impassible et égoïste a tel point qu’il ne donnerait pas sa voix pour grossir l'alléluia du jubilé de la nation, quand les chaînes de servitude auraient été déchirées de ses membres ? Je ne suis pas cet homme. Dans un tel cas, le muet pourrait parler éloquemment et le boiteux sauter comme un cerf ».

Mais tel n'est pas le cas. Je le dis avec un sentiment de tristesse vue la disparité entre nous. Je ne suis pas inclus dans les bénéficiaires de cet anniversaire glorieux ! Votre haute indépendance révèle seulement la distance incommensurable entre nous. Les bénédictions dans lesquelles vous, ce jour, vous réjouissez ne sont pas appréciées en commun. L'héritage riche de justice, la liberté, la prospérité, et l'indépendance léguées par vos pères sont partagés par vous, pas par moi. Le soleil qui a amené lumière et guérisons chez vous, a amené des raies et la mort chez moi. Ce 4 juillet est le vôtre, pas le mien. Vous pouvez vous réjouir, je dois porter le deuil. Car traîner un homme dans les fers dans le temple grandiose illuminé de liberté, et lui demander de participer aux hymnes joyeux, représente la moquerie inhumaine et une ironie de sacrilège. Vouliez-vous, citoyens, vous moquer de moi en me demandant de parler aujourd'hui ? Si oui, il y a une analogie à votre conduite. Et permettez-moi de vous avertir que c'est dangereux de copier l'exemple d’une nation dont les crimes, dominant en haut au ciel, ont été rejetés par le souffle du Tout-puissant, enterrant cette nation dans la ruine irrévocable ! Je peux aujourd'hui élever les lamentations plaintives de ces gens décimés et frappés par le malheur.

«Sur le bord des fleuves de Babylone Nous nous sommes assis, Et là nous avons pleuré, Nous souvenant de Sion. Aux saules du rivage Nous avons suspendu nos harpes, Car ceux qui nous avaient emmenés captifs Nous demandaient des paroles de cantiques, Et ceux qui nous faisaient souffrir, Des chants de joie ! Chantez-nous quelque chose Des chants de Sion ! Comment chanterions-nous les cantiques de l'Éternel Sur une terre étrangère ? Si je t'oublie, Jérusalem, Que ma droite s'oublie ! Que ma langue s'attache à mon palais, Si je ne me souviens de toi, Si je n'élève Jérusalem Au-dessus de toutes mes joies !»

Chers concitoyens, au-dessus de votre joie nationale et tumultueuse, j'entends le gémissement mélancolique de millions ! Dont les chaînes, lourdes et cruelles hier, sont, aujourd'hui, rendu plus intolérable par les cris de jubilé qui les atteignent. Si j'oublie, si je ne me souviens pas fidèlement de ces enfants ensanglantés et attristé ce jour, « puisse ma main droite s’attacher au toit de ma bouche » ! Les oublier, passer légèrement sur leur trauma, et sonner avec le thème populaire serait la trahison la plus scandaleuse et choquante, et cela me serait reprocher devant Dieu et le monde. Mon sujet, alors, chers concitoyens, est l'esclavage américain. Je verrai ce jour et ses carac-téristiques populaires du point de vue de l'esclave. Positionné là et identifié avec l'esclave Américain, faisant mienne sa peine. Je n'hésite pas de déclarer avec toute mon âme que le caractère et la conduite de cette nation ne m'ont jamais paru plus noirs qu’en ce 4 juillet ! Que nous nous tournions vers les déclarations du passé ou vers les professions du présent, la conduite de la nation semble toute aussi hideuse et affreuse. L'Amérique est fausse au regard du passé, fausse au regard du présent, et se lie solennellement à être fausse dans l'avenir.
Au milieu de Dieu et de l'esclave écrasé et ensanglanté cette fois, je fais, au nom de l'humanité qui est outragé, au nom de la liberté qui est entravé, au nom de la Constitution et la Bible qui sont ignorés et piétinés, le défi de questionner et dénoncer, avec tout l'accent que je peux ordonner, tout qui sert à perpétuer l’esclavage - le grand péché et la grande honte de l'Amérique- ! « Je n'userai pas de faux-fuyants, je ne m'excuserai pas » ; j'utiliserai la langue la plus sévère que je peux ordonner ; et pourtant pas un seul mot ne m'échappera qu’un homme, dont le jugement n'est pas aveuglé par le préjugé, n'avouera la raison et la justesse. ...
Aujourd’hui, il est évident d’affirmer l’égalité du nègre dans toute sa masculinité. N'est-il pas étonnant que, pendant que nous labourons, plantons, et récoltons, utilisons tous les types d'outils mécaniques, érigeons des maisons, construisons des ponts, construisons des ba-teaux, transformons les métaux de cuivre, le fer, le cuivre, et devenons des secrétaires, retrouvons parmi nous des médecins, des avocats, des ministres, des poètes, des auteurs, des éditeurs, des orateurs, et des professeurs ; et cela, pendant que nous sommes engagés dans toutes les entreprises familières aux autres hommes, creusant de l'or, capturant en Californie la baleine dans le Pacifique, nourrissant le mouton et le bétail sur le flanc des vallées, vivre, le déménagement, agir, penser, la planification, habiter en les familles comme les maris, comme les femmes, et comme les enfants, et, confessant par-dessus tout et adorant le chrétien Dieu, et vivant dans l’espoir d’une vie et de l'immortalité au-delà de la tombe, nous sommes appelés à prouver que nous sommes des hommes ! ...

Que, sui-je pour argumenter que c'est mauvais de faire des hommes des brutes, de les voler de leur liberté, de les faire travailler sans sa-laires, de les garder ignorant de leurs relations avec les autres hommes, pour les battre avec les bâtons, écorcher leur chair avec la mèche, charger leurs membres avec les fers, les chasser avec les chiens, les vendre aux enchères, séparer leurs familles, faire sortir leurs dents, brûler leur chair, les affamer pour leurs imposer l'obéissance et la soumission à leurs maîtres ? Devrais-je argumenter qu'un système marqué ainsi par le sang, et taché avec la pollution, est mal? Non ! Je ne ferai pas. J'ai une utilité pour mon temps et ma force meilleure que ce que de tels arguments impliqueraient. ...

Que représente, pour l'esclave américain, votre 4 juillet ?

Je réponds : un jour qui lui révèle, plus que tous les autres jours de l'an, l'injustice et la cruauté auxquelles il est la victime constante. Pour lui, votre célébration est une farce ; votre liberté vantée, un permis impie ; votre grandeur nationale, grossissant la vanité ; vos sons de réjouissance sont vides et sans pitié ; votre dénonciation de tyrans, l'effronterie de cuivre ; vos cris de liberté et d'égalité, la moquerie creuse ; vos prières et vos hymnes, vos sermons et d'action de grâces, avec toutes votre parade et votre solennité religieuses, sont, à Lui, à la simple grandiloquence, la fraude, la tromperie, l'impiété, et hypocrisie un voile mince pour envelopper des crimes Lesquels feraient honte à une nation de sauvages.

Il n'y a pas une nation de sauvages. Il n'y a pas une nation sur la terre coupable de pratiques plus choquantes et sanglantes que celle des gens des Etats-Unis à cette heure même.
Aller où vous pouvez, chercher où vous voudrez, errez par toutes les monarchies et les despotismes d'autrefois, voyager à travers l’Amérique du Sud, rechercher chaque abus, et quand vous aurez trouvé le dernier, comparez vos faits avec les pratiques de tous les jours de cette nation, et vous direz avec moi qu’à cause, de sa révoltante barbarie et de son hypocrisie effrontée, l'Amérique règne sans un rival.

Monday, 5 April 2010

It’s official: Obama is black


He may be the world's foremost mixed-race leader, but when it came to the official government head count, President Barack Obama gave only one answer to the question about his ethnic background: African-American.
The White House confirmed Friday that Obama did not check multiple boxes on his U.S. Census form, or choose the option that allows him to elaborate on his racial heritage. He ticked the box that says "Black, African Am., or Negro."
Obama filled out the form on Monday, supplying information for himself, first lady Michelle Obama and their daughters Malia and Sasha, as well as for Mrs. Obama's mother, Marian Robinson, who lives with the family in the White House.
For Obama, whose mother Ann Dunham, a white woman from Kansas, married his father, Kenyan native Barack Obama Sr., the question of his racial identity has been a lifelong struggle. His first memoir, "Dreams From My Father," is an account of a difficult journey of discovery.
Obama the community activist and then politician always self-identified as African-American, and he now wears the mantle of America's first black president with pride.
On a visit to Ghana last year, he took his wife and daughters to see Gold Coast Castle, the one-time slave trading depot from which thousands of Africans were sent in shackles to a life of toil in the New World. The First Lady is descended from a South Carolina slave.
'Half-white guy?'
The president's multiracial heritage has been a subject for oceans of commentary in America and around the world. But it's also been a cause for teasing, and even satire.
"The first black president!" exclaimed comedian Wanda Sykes at a dinner last year of the White House Correspondents' Association.
"I'm proud to be able to say that. That's unless you screw up. And then it's going to be, 'What's up with the half-white guy? "
http://www.msnbc.msn.com/id/36157764/ns/politics-white_house/

Friday, 15 January 2010

Une lueur d’espoir peut-être pour la Guinée ?





Guinée: accord signé, Dadis reste en exil, présidentielle dans six mois
Un accord de sortie de crise en Guinée a été signé vendredi à Ouagadougou, prévoyant un maintien "en convalescence" à l'étranger du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, et la tenue d'une présidentielle dans "six mois".

Après deux jours de difficiles tractations, l'accord a été signé par le capitaine Camara, le président intérimaire le général Sékouba Konaté et le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré, a constaté l'AFP.

Le chef de la junte, blessé à la tête par balle lors d'une tentative d'assassinat le 3 décembre, "prend librement un temps de convalescence tout en restant disponible pour apporter sa contribution aux acteurs de la transition", selon le texte qui ne précise pas s'il restera au Burkina.

L'accord prévoit la création d'un "conseil national de transition (CNT), organe politique délibérant, dirigé par une personnalité religieuse", la mise en place d'un "gouvernement d'union" dirigé par un "Premier ministre, président du conseil des ministres, issu du Forces vives" (opposition, syndicats et société civile), et l'organisation d'une élection présidentielle "dans six mois".

Le document prévoit également que "les membres du Conseil national de transition, le chef d'Etat de transition, les membres du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte), le Premier ministre, les membres du gouvernement d'union nationale et les membres de forces de défense et de sécurité en activité" ne participeront pas à ce scrutin

Il prévoit aussi, sans plus de précision, "le recours à des observateurs civils et militaires de la Cédéao", la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest.

Cet accord intervient après de difficiles tractations de haut niveau entamées mercredi soir à Ouagadougou sur le sort du capitaine Camara, une question capitale pour une sortie de crise de ce pays instable d'Afrique de l'Ouest.

Ce dernier est arrivé d'une manière inopinée mardi soir dans la capitale burkinabè, après plus d'un mois d'hospitalisation au Maroc à la suite d'une blessure par balle à la tête lors d'une tentative d'assassinat le 3 décembre par son aide de camp.

Reflétant la position de la communauté internationale, les Etats-Unis ont souhaité jeudi que le président Compaoré "persuade" le chef de la junte de ne pas retourner en Guinée.

Née du coup d'Etat du 23 décembre 2008, la crise dans ce pays, premier exportateur mondial de bauxite, s'était brutalement aggravée avec la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition le 28 septembre dans un stade de Conakry ayant fait, selon l'ONU, plus de 150 morts.

La communauté internationale soutient le chef intérimaire de la junte, le général Konaté, qui s'est dit prêt à partager le pouvoir avec l'opposition lors d'une période de transition devant mener à des élections présidentielle et législatives.

Le 6 janvier, le général Konaté, également ministre de la Défense, avait annoncé que le Premier ministre de la transition serait "issu de l'opposition" et "désigné par elle-même".

La France a appelé vendredi les Forces vives guinéennes "à désigner rapidement un Premier ministre".

"La France, avec tous ses partenaires, Africains en particulier, ne ménagera aucun effort pour que la Guinée puisse mener à son terme et réussir la transition en cours", a déclaré lors d'un point de presse le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero.

Il a précisé que la France "était en contact régulier avec le président (burkinabè) Blaise Compaoré.

Monday, 7 December 2009

From coup to counter-coup? Guinea plunged into chaos





By Daniel Howden, Africa correspondent



Guinea's military leader Moussa "Dadis" Camara was last night being treated at an army hospital in Morocco after being shot following an argument with one of his aides. Soldiers were out in force on the streets of Conakry, the capital of the West African country, amid fears of a counter-coup...



Soldiers were out in force on the streets of Conakry, the capital of the West African country, amid fears of a counter-coup to topple the army major who came to power one year ago.


His sudden departure for Rabat appeared to confirm reports that he was seriously wounded. The Guinea leader has not dared to leave the country since taking over in a bloodless coup last December. Blaise Compaore, the President of Burkina Faso, last night said Camara's condition was "difficult but not desperate". Mr Compaore, who has attempted to broker an end to the political crisis in Guinea, said Camara would have to undergo an operation "because he was hit by bullets".

In scenes that recalled some of the worst power struggles of the past decade in nearby Sierra Leone and Liberia, the junior army officers who seized power last year have turned on each other in the struggle for power and to avoid international responsibility for a brutal stadium massacre in September.

Aides loyal to the army strongman were earlier insisting that he was not seriously wounded. Other witnesses claim to have seen the president bleeding from a head wound after a heated confrontation on Thursday night with Abubakar "Toumba" Diakite, the head of the presidential guard.

The presence of the pariah leader in Morocco is an embarrassment as he is under investigation by a UN team over his role in the September massacre at Conakry football stadium in which human rights groups say that at least 157 people were killed.

Camara is subject to a US and EU travel ban, while he has been ostracised by the African Union and the regional trading bloc Ecowas after reneging on earlier promises to step down and hold elections. The Moroccan foreign office insisted he was being treated on "strictly humanitarian grounds".

Thursday night's shooting followed a falling out between Camara and "Toumba" Diakite, with the latter believing he will be made the scapegoat for the stadium massacre. Officials loyal to the young military ruler were desperately attempting to refute reports he had been seriously wounded. "He had an audience with us just before leaving ... Everything is under control," said the Communication minister Idrissa Cherif.

Independent analysts said it was highly unlikely the president would have left the country unless his life was in danger. Toumba and Camara argued while at a military camp housing hundreds of men under Toumba's control, according to officials loyal to Camara.

The impoverished former French colony has been in a state of constant upheaval since the death of the long-time dictator Lansana Conte. The young major was initially welcomed after he and a small clique of officers from Guinea's indisciplined army announced themselves by breaking through the doors at the main television station to declare they had seized power.

Camara's early promises to root out corruption, stand down and hand power to a civilian government after democratic elections were quickly broken.

He is said by analysts to have become "intoxicated" by power and is known to have larger than life portraits of himself displayed in his office. He has taken to broadcasting long, rambling rants on television and is known to sleep all day and only emerge at night.

Relations within the junta have been strained by the September massacre that drew worldwide condemnation.

Demonstrations that grew out of popular anger at the prospect of another military dictator filling the void left by the brutal Conte regime were met with a murderous response on 28 September. Hundreds of protesters rallied at Conakry sports stadium to hear opposition leaders. The presidential guard, commanded by Toumba, opened fire, killing more than 150 people. Dozens of women were raped by soldiers inside the stadium and 20 women were kidnapped and videotaped being raped and tortured for several days, according to survivors' testimony.

A UN mission has been in Conakry this week conducting an investigation into the massacre which could lead to charges being brought for crimes against humanity by the International Criminal Court.

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